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Fêtes

Quelles sont les origines de la fête des lanternes ?

Camille 26/06/2026 8 min de lecture
Quelles sont les origines de la fête des lanternes ?

L'essentiel du sujet

  • La fête des lanternes remonte à la dynastie Han, sous l’empereur Han Mingdi, avec des cérémonies nocturnes documentées.
  • Les légendes transmises oralement insufflent une puissance émotionnelle durable à la célébration, bien au-delà des récits historiques anecdotiques ou locaux.
  • La tradition s’est répandue en Asie, prenant des formes locales comme le festival Lotus Lantern à Séoul, ancré dans le bouddhisme.

Autrefois, ces lumières servaient de pont sacré entre les générations, alors qu’aujourd’hui, elles scintillent surtout pour l’esthétique des clichés touristiques. Pourtant, derrière chaque lampion flottant ou suspendu, il y a plus qu’un simple ornement: une histoire, une croyance, un geste transmis de siècle en siècle. Alors que les grandes villes d’Asie s’illuminent selon un rite immuable, peu de fêtards songent à l’épaisseur historique portée par ces flammes tremblotantes. Pourtant, chaque tradition lumineuse cache une mémoire collective, un récit fondateur, une symbolique profonde.

Les racines historiques: entre rituels bouddhistes et impériaux

On situe couramment l’émergence de la fête des lanternes en Asie à l’époque de la dynastie Han, il y a environ deux mille ans. Ce n’est pas une coïncidence: c’est sous le règne de l’empereur Han Mingdi que l’on voit apparaître les premières traces documentées d’une célébration nocturne à base de lumière dans les palais et les temples bouddhiques. Ce souverain, influencé par le bouddhisme qu’il souhaitait promouvoir, aurait ordonné d’allumer des lanternes en l’honneur de Bouddha, particulièrement lors de la pleine lune du premier mois lunaire.

L’influence de la dynastie Han

Cette pratique, d’abord confinée aux cercles religieux et impériaux, a progressivement gagné les campagnes et les villes, marquant le début d’un rite populaire. L’allumage des lanternes n’était pas qu’un acte esthétique: il symbolisait l’éclairage du chemin vers la sagesse. À cette époque, le pouvoir impérial s’appuyait souvent sur les symboles sacrés pour asseoir sa légitimité, et la lumière devint ainsi un outil de cohésion sociale autant que spirituel.

Le culte de Tianguandadi

Parallèlement, une autre croyance, d’inspiration taoïste, s’est ancrée: celle du culte de Tianguandadi, le souverain du ciel. On pensait que ce dieu descendait sur terre le 15e jour du premier mois. L’allumage massif de lanternes aurait alors pour fonction de l’attirer favorablement, en lui offrant un guide lumineux. Ce rite, transmis de génération en génération, souligne combien la lumière portait un double sens: à la fois un signal de paix et un appel à la protection divine.

Courant religieux / historiquePersonnage ou divinité cléSignification de la lumière
Bouddhisme sous la dynastie HanHan Mingdi / BouddhaSagesse, éveil spirituel, hommage aux enseignements sacrés
Taoïsme populaireTianguandadi (Empereur du ciel)Attraction de la chance, appel à la paix, guidance céleste
Légendes populairesLe messager céleste / Yuan XiaoProtection, ruse salvatrice, réunion familiale

Mythes et légendes: quand le ciel s'embrase

Si les textes historiques posent les jalons, ce sont les légendes qui donnent à la fête des lanternes toute sa puissance émotionnelle. Racontées de bouche à oreille, elles continuent de nourrir la mémoire collective, transformant une simple cérémonie en un récit vivant. Chaque version, bien qu’anecdotique, perpétue des valeurs fondamentales: la solidarité, la piété filiale, la ruse face au destin.

Le stratagème de la grue divine

Une des versions les plus répandues évoque un messager céleste, envoyé par l’Empereur du ciel, qui aurait annoncé la destruction d’une ville pour une faute humaine. Mais une déesse compatissante aurait révélé un stratagème aux villageois: imiter le ciel en couvrant la terre de feux. Toute la population aurait alors allumé des lanternes rouges, donnant l’illusion que l’incendie avait déjà eu lieu. Le stratagème ayant fonctionné, la tradition se serait perpétuée comme acte de gratitude et de protection.

La ruse de Yuan Xiao

Une autre légende met en scène une servante nommée Yuan Xiao, vivant au palais impérial, qui pleurait chaque hiver car elle ne pouvait revoir sa famille. Un sage aurait alors conseillé au roi d’ordonner l’allumage de lanternes dans tout l’empire afin de tromper l’Empereur du ciel, qui croirait à un soulèvement. Profitant du chaos, Yuan Xiao aurait pu s’échapper et retrouver les siens. Ainsi, les lanternes seraient devenues le symbole de la réunion familiale, surtout à la fin des célébrations du Nouvel An lunaire.

  • La couleur rouge: symbole de chance et de protection contre le mal
  • Le feu: lumière qui chasse l’ombre, mais aussi force vitale collective
  • La forme circulaire: reflet de la pleine lune, harmonie, cycle de l’année
  • Le message de gratitude: reconnaissance envers les ancêtres et les dieux

Évolution des traditions à travers l’Asie

Depuis ses origines chinoises, la fête des lanternes a migré, s’adaptant à chaque culture qu’elle a croisée. En Corée, elle prend la forme du festival Lotus Lantern, où des milliers de lanternes en forme de fleur éclairent les rues de Séoul. Ici, l’accent est mis sur la compassion et l’éveil bouddhiste, chaque lampion portant un vœu personnel. Au Japon, bien que la célébration soit moins centrale, certaines régions maintiennent des traditions locales avec des lanternes flottantes sur les rivières, rappelant la fugacité de la vie.

De la Chine continentale aux archipels

En Chine même, la tradition s’est transformée en un spectacle grandiose, notamment à Chengdu ou Pingxiang, où des installations géantes en papier et soie représentent des animaux mythiques, des dragons ou des personnages historiques. Ces œuvres, souvent conçues par des artisans locaux, incarnent la transmission d’un savoir-faire millénaire. La matière change, les techniques évoluent, mais l’esprit demeure: chaque lampion est un lien entre le ciel et la terre.

Les rassemblements contemporains

Aujourd’hui, si les lanternes à LED remplacent parfois les bougies, le cœur du rituel demeure intact. Des foules immenses se rassemblent chaque année, non seulement pour admirer, mais pour participer. Les enfants construisent leurs propres lanternes, les familles déposent des offrandes, et les prières montent avec la lumière. Cette modernisation n’a pas effacé le sens: elle le réinvente. Le patrimoine immatériel, lui, n’est pas figé - il respire, s’adapte, se renouvelle sans trahir ses origines.

Les questions majeures

Peut-on organiser une fête des lanternes chez soi de manière écologique?

Oui, il est tout à fait possible de célébrer cette tradition de façon durable. Plutôt que d’organiser des lâchers, on peut opter pour des lanternes fixes en papier recyclé ou en bambou, réutilisables chaque année. Certaines versions équipées de piles rechargeables ou de LED basse consommation permettent aussi de préserver l’ambiance lumineuse sans nuire à l’environnement.

Comment les familles coréennes ont-elles adapté ce rite au fil du temps?

En Corée, le festival Lotus Lantern est devenu un événement à la fois religieux et familial. De nombreuses familles confectionnent elles-mêmes les lanternes, souvent avec leurs enfants, pour les porter lors des processions. Cette transmission artisanale renforce les liens intergénérationnels et maintient vivante la symbolique bouddhiste du partage et de la compassion.

Que deviennent les lanternes flottantes après la fin des festivités?

Dans de nombreuses régions, des communautés locales organisent des opérations de nettoyage après les festivités, notamment pour les lanternes jetées à l’eau. Certaines sont désormais fabriquées en matériaux biodégradables. Ailleurs, des programmes de récupération permettent de recycler les structures, limitant l’impact environnemental tout en respectant la tradition.

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